Les jolis garçons de Delphine de Vigan

Titre du roman: Les jolis garçons
Auteur: Delphine de Vigan
Date de sortie: 10 février 2010
Editeur: Le livre de poche
Total de pages: 160
Genre: Nouvelles, romance
Prix: 6,70

Résumé:
«Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d’années, il est beau mais fatigué. Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas. Trois hommes dans la vie d’Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l’illusion. Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s’en défaire ?»

Avis:
Cette auteure est l’une de mes favoris. Mais j’avoue que c’est loin d’être un coup de coeur. Pour résumer, c’est l’histoire d’Emma qui va avoir 30 ans et qui tombe amoureuse trois fois. Les hommes n’ont aucun point commun, mais Emma se comporte toujours de la même manière. Elle s’oublie… Elle s’imagine vivre une histoire passionnante, vivre avec la personne toute sa vie. Mais non, elle vit dans l’illusion.

Je n’ai pas réussi à m’attacher à Emma. Emma est certes jolie et intelligente, je ne la comprends pas. Pour la première histoire avec son premier amour, Mark Stevenson, je n’ai pas tout compris. Elle vit une relation illusoire. Pour comprendre, je crois qu’il faut le vivre. Pour ma part, cela m’a mise mal à l’aise. Pour Ethan Castor et Milan Mikaev, j’ai accroché plus facilement. Emma a su dès le départ que l’histoire était impossible, mais a quand même tenté sans mettre les sentiments. Elle se disait amoureuse, mais son comportement ne le montrait pas. Sur les trois histoires, j’ai préféré celui de Milan Mikaev. C’est une histoire qui m’a énormément touché, car elle a dû vivre dans l’ombre de Milan. Elle a tenté le tout pour le tout que cette histoire fonctionne quitte à voir déformer sa vie à la seule fin de mettre Milan au-devant de la scène. Elle a su quand il fallait s’arrêter.

Les trois histoires ont pour thème l’illusion. Dans chacune des histoires, on voit qu’Emma se perd dans ses histoires d’amours. On sort de l’image de la femme belle, avec un beau corps et un désir. On redécouvre une facette d’elle : une femme raisonnable qui cherche à vivre des expériences même si parfois, on peut voir qu’elle peut à tout moment flancher.  Je n’ai pas aimé le livre. Je ne pense pas que ce soit l’écriture de Delphine de Vigan, car elle reste une des préférées. Je pense que le thème ne me plait pas. Pour lire et apprécier un livre, j’ai besoin d’avoir ce lien avec le personnage : pour m’identifier à lui, le comprendre. L’apprécier ou pas est un autre point. Je n’ai rien eu avec Emma. Je n’ai pas pu m’identifier à elle, car ses actions et ses réactions sont à l’inverse des miennes. Par exemple, je ne peux pas envisager une histoire d’amour avec un homme marié ou m’effacer pour que mon homme soit sur le devant de la scène. Elle oui… Je ne dis pas que c’est un mauvais livre, car c’est loin de la vérité. C’est un bon livre, avec une bonne plume et un bon sujet (l’illusion), mais ce livre n’est pas fait pour moi. J’ai entendu dire qu’il fallait pour tous les goûts… Je tiens donc à prendre ma revanche plus tard et voir si mon avis reste le même ou pas…

Livres lus du même auteur:
Les loyautés

Sans nouvelles de Gurb de Eduardo Mendoza

Titre du roman: Sans nouvelles de Gurb
Auteur: Eduardo Mendoza
Date de sortie: 1994
Editeur: Seuil
Total de pages: 125
Genre: Satire, Science-fiction
Prix: 6,50

Résumé:
« Deux extraterrestres débarquent pour une mission d’étude. Le lieu : la terre. Sujet : les hommes. L’auteur de ce journal a la responsabilité de cette mission. Croyant bien faire, il envoie son subalterne Gurb au contact de la zone et de la « faune autochtone », métamorphosé pour l’occasion en une forme qu’il imagine totalement passe-partout : Madonna. Il ne lui faudra pas plus de 20 heures pour qu’il disparaisse et que, sans nouvelles de lui, le narrateur se voit contraint de partir à sa recherche et à la découverte de Barcelone et des habitudes terrestres. Notre héros se retrouve alors à son insu au centre d’aventures pour le moins désopilantes. »

Avis: 
Ce livre m’a fait rire du début jusqu’à la fin. Des rebondissements à tout bout de champ et des situations inimaginables. Combien de fois je me suis pris la tête dans les mains en me disant « mais ce n’est pas vrai » enchaîné de fous rire. Quand tu es à la maison, ça passe encore. Mais quand tu es dans le RER et que tu te mets à rire à cause du livre, tu te vois mal expliquer « excusez-moi de rires, mais l’extra-terrestre vient de se faire écraser 3 fois et il a dû repêcher sa tête sous une voiture » ou encore « pardonnez-moi, mais le narrateur a encore fait des siennes en cassant le balai sur la tête de la concierge ». Pour résumer, c’est deux extraterrestres qui arrivent sur Terre avec pour mission d’analyser la Terre et ses habitants afin de faire un rapport. Pour y arriver, ils décident de prendre une identité. Gurb se transforme en Madonna. Il part en mission, mais disparaît quelques heures après. Son compagnon va donc devoir aller le retrouver, mais étant donné qu’il ne connaît rien de cette planète, il va lui arriver que des péripéties. 

Je me suis attachée aux deux personnages. C’est un duo qui fait rire, car malgré leurs oppositions, ils se marient bien ensemble. Que son compagnon part à sa rencontre, il lui arrive pleins de galères. Il se rend compte que finalement il a besoin de Gurb. Son compagnon m’a fait rire, car il se mettait dans des situations en réagissant jamais de la bonne manière. On apprend à connaitre Gurb par son compagnon, mais on s’attache à ce petit extraterrestre bête, mais important. 

Tout comme l’intrigue, j’ai beaucoup aimé la fin. Sans le faire exprès, en feuilletant les pages, j’ai lu la dernière phrase du livre et je me suis « qu’est-ce que j’ai fait ». Je pensais savoir la fin. Mais finalement, j’ai été surprise par cette fin. Je ne m’y attendais pas. 

J’ai beaucoup aimé le thème du roman. Le fait que deux extraterrestres débarquent sur Terre est original. J’ai pleuré de rire à chaque moment du livre où l’extraterrestre en charge de retrouver Gurb subissait les péripéties. J’ai adoré le fait que ce ne soit pas un simple roman, mais un journal de bord: à inscrire l’heure et tout ce qui se passe. Ça passe par des courtes phrases, des répétitions comiques ou des longues phrases quand il décrit l’action ou l’endroit. Il finit pratiquement toujours par les conditions de la Terre. J’ai accroché au style de l’auteur, car à travers ce court roman, il fait une critique de la société de Barcelone. C’est accrocheur et décalé.

C’est un coup de cœur et un livre que je relirais de temps en temps, car il fait rire et surtout, il me fait penser à autre chose.