La familia grande de Camille Kouchner

Titre du roman: La familia grande
Auteur: Camilla Kouchner
Date de sortie: 07/01/2021
Editeur: 
Le Seuil
Total de pages: 208
Genre: 
Autobiographie, Témoignage
Prix: 18,00

Résumé:
« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. »
C.K.
C’est l’histoire d’une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l’été.
C’est le récit incandescent d’une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

Avis:
À la sortie du roman, j’en ai entendu parler car il a fait polémique et j’adore tout ce qui fit polémique. J’ai attendu pour l’acheter et dès que j’en ai eu l’occasion, je me suis précipitée et le soir même, je commençais sa lecture. Pour résumer, c’est une autobiographie de l’auteur. Elle raconte l’histoire des grands-parents, de ses parents, mais aussi son vécu. En écrivant son histoire, elle nous révèle un grand secret qui était longtemps caché et qui ne demandait qu’à être révélé.

L’auteure, Camille et Victor voient ses parents divorcés à leurs 6 ans. Leur mère Evelyne se remarie avec Olivier et prend pratiquement la place du père qui lui est absent de leur vie ou quasiment. Ils partent à Sanary chaque vacances. C’est un lieu où respire joie et bonheur. On pourrait dire que tout est parfait… Mais non ! Au contraire !

Camille Kouchner, auteure de son roman, mais aussi personnage principal de son roman, est une maman de deux enfants, mais aussi une femme qui essaye de survivre. Elle fait le choix de raconter l’histoire en parlant de ses parents, puis de ses grands parents. Comme un arbre généalogique, elle remonte à ses racines, pour comprendre son histoire et ainsi l’étudier.

Ce roman nous révèle que leur vie n’est pas si parfaite. On découvre de l’inceste, des secrets et quand tout explose, chacun réagit à leur manière. On apprend que son frère s’est fait viol par le beau-père… J’ai surtout vu dans cette histoire des personnes qui essaye de réagir face à une vérité qui n’est pas facile à entendre. Et malheureusement, quand on apprend ce genre de vérité, on a tous tendance à s’en prendre à la mauvaise personne… Cette personne qui annonce cette vérité ou celle qui l’a aidé. Mais qu’en est-il de la personne qui a dû garder le secret pendant des années ? Pense-t-on à elle ?

Mon avis sur le roman ? J’ai eu énormément de mal à rentrer dans l’histoire. Camille Kouchner nous parle son mari et de ses enfants pour faire un bond dans le passé. Le fait de revenir à ses origines m’a, au début dérangé, mais je me suis résigné. Au final, j’ai accroché à l’histoire parce qu’elle m’a touché. Elle m’a prise aux tripes… J’avoue que par moment, j’ai dû fermer le livre, car j’étais dans le mal. Le livre est dur à lire et je ne conseille pas aux âmes sensibles… Sinon aux autres, vous pouvez le lire les yeux fermés.

Histoire de la violence de Edouard Louis

Titre du roman: Histoire de la violence
Auteur: Edouard Louis
Date de sortie: 07/01/2016
Editeur:
Le Seuil
Total de pages: 221
Genre:
Autobiographie, témoignage
Prix: 18,00

Résumé:
« J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé, violé. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé. Plus tard, je me suis confié à ma soeur. Je l’ai entendue raconter à sa manière ces événements. En revenant sur mon enfance, mais aussi sur la vie de Reda et celle de son père, en réfléchissant à l’émigration, au racisme, à la misère, au désir ou aux effets du traumatisme, je voudrais à mon tour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. Et par là, esquisser une histoire de la violence. »

Avis:
Pour résumer, c’est l’histoire d’une rencontre il y a 8 ans. Edouard rencontre Reda à Place de la République à Paris en rentrant chez lui. Il le séduit et Edouard l’invite chez lui sans savoir ce qu’il va se produire. Ils discutent, font l’amour plusieurs fois. Vers 6 heures du matin, Reda sort un pistolet et le menace de le tuer. Il se met à l’étrangler et le viol avant de se faire mettre à la porte par Edouard. Le lendemain, il raconte tout à la police et de longues démarches commencent.

Edouard écrit ce roman pour comprendre ce qu’il s’est produit. Il raconte son histoire en double narration pour tenter d’analyser son histoire et pour apporter une vision extérieure. Il raconte, de son point de vue, ce qu’il a vécu de personnel avec Reda et invente une sœur imaginaire pour raconter ce qui est aspect médical, judiciaire.

Quand il raconte sa liaison avec Reda, il n’y a pas de haine dans ses yeux. Seulement de l’incompréhension. Il raconte sa soirée avec lui, sa relation charnelle tout au long de la nuit et le changement brutal de la passion vers la violence.

Non seulement, on observe ce changement brutal qui conduit Reda à sa tentative de meurtre et aussi au viol, mais on observe une seconde violence : la violence des policiers.

Il nous raconte dans cette histoire, qu’il a été poussé par son entourage à aller voir la police. Là-bas, il a dû pleurer, car sans larmes, il ne se sentait pas légitime. Il pensait que les policiers ne les croiraient pas. Il ne le voulait pas raconter ce qu’il a vécu, mais il se sentait obligé. Il voulait avoir le droit à l’oubli, le droit de dire qu’il ne voulait pas de cette histoire.

J’ai aimé ce roman, car il n’a pas décrit seulement la scène, mais il a ajouté sa touche personnelle. Il a créé une sœur pour raconter ce qu’il ne voulait pas raconter. Il a donner son avis sur Reda sans lui donner le mauvais rôle. Il n’a pas eu de haine à son égard alors qu’il a subi des menaces, des violences et le viol. Il a voulu libérer la parole à travers l’écrit et montrer aux minorités qui subissent le viol et la violence en général que raconter son histoire ne fait pas d’eux des victimes, mais des gens qui veulent s’en sortir. Il nous a montré qu’il ne faut pas avoir honte de son histoire et parler pour se faire entendre. Il ne faut pas être une victime de son histoire, mais prendre sa vie en main. Je le conseille vivement et compte m’intéresser de près à cet auteur surprenant !

Petit pays de Gaël Faye

Titre du roman: Petit pays
Auteur: Gaël Faye
Date de sortie: 28 août 2017
Editeur: Le livre de poche 
Total de pages: 224
Genre: Autobiographie, témoignage

Prix: 7,90  

Résumé:
«En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.
Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…»

Avis:
J’ai découvert ce livre grâce à une bande-annonce au cinéma. Ce roman a été adapté en film et sa sortie était prévue le 18 mars 2020. Le confinement dû au Coronavirus a fait reporter la date de sortie au 26 août prochain. Dans la salle de cinéma, en regardant la fameuse bande-annonce de ce film, j’ai acheté le livre et je me suis promis de le lire avant la sortie du film. J’ai donc tenu cette promesse. Pour résumer, l’histoire se passe en 1992. Gaby, de son vrai nom Gabriel, a dix. Il vit avec ses parents et Ana, sa petite soeur, au Burundi. On assiste à son quotidien. Il est jeune, insouciant innocent, fais des bêtises… Il vit sa vie… Tout s’enchaîne lors des premières élections… Ils vont doit élire un nouveau président qui se fera tué quelque temps plus tard. La guerre entre les Tutsi et les Hutu va s’accentuer.

J’ai beaucoup appris au niveau histoire. En achetant ce livre, je n’avais aucune idée que Burundi était un pays et ce qui s’était passé… En me mettant dans la tête de Gaby, j’ai vécu le début de sa vie. J’étais contente lors des premières élections, triste lorsque le président s’est fait tuer, en colère quand la guerre entre les Tutsi et les Hutu touchait tout le monde. Tout le monde voulait combattre, y compris les enfants. J’ai vu les enfants grandir d’un seul coup alors qu’ils n’avaient même pas atteint le collège. Ça m’a révolté. Je me suis ensuite renseignée sur internet pour en apprend plus. Le génocide des Tutsi au Rwanda, qui est accolé au Burundi, a fait des milliers, voire des millions de morts en seulement trois mois. Ma colère n’était que plus grande.

Je me suis beaucoup attachée à Gaby. Je l’ai vu jouer, rire, être avec ses amis. Je l’ai regardé voler des mangues pour les manger à se remplir l’estomac. J’ai remarqué son changement quand la guerre a éclaté. Il préférait lire et s’évader plutôt que de prendre les armes avec ses amis. J’ai voulu le protéger de tout ce qu’il vivait afin qu’il garde son âme d’enfant…

La fin m’a beaucoup attristé. Elle m’a laissé sans voix. Mais j’ai compris que c’était nécessaire. 

Mon avis? J’ai adoré le livre et j’ai hâte de voir son adaptation en film. Je connaissais Gaël Faye de nom et par sa musique. Je l’ai découverte en tant qu’auteur et sa plume est magnifique. Il a su raconter son histoire en ne perdant pas le lecteur. Son autobiographie m’a laissé sans voix.

Paris-Saint-Denis de Paul Besson

Titre du roman: Paris-Saint-Denis
Auteur: Paul Besson
Date de sortie: 30 octobre 2019
Editeur: J.C. Lattès
Total de pages: 200
Genre: Autobiographie
Prix: 18,00

Résumé:
« Paul a trente ans. Il termine ses études, enchaîne les petits boulots, cherche un appartement avec sa copine. Il entre dans l’âge adulte à reculons : il boit, fume trop, travaille peu ou mal, sort la nuit, marche pendant des heures, se perd. Il aimerait habiter Paris, mais c’est à Saint-Denis qu’il trouve un appartement. Certains lui ont dit que c’était la ville la plus dangereuse de France, d’autres la cité des rois. Mais c’est une autre ville qu’il découvre. Il raconte un monde qu’on ne voit pas, des hommes qui vivent la nuit. Un dealer de crack lui sauve la vie, un coiffeur virtuose lui apprend à se taire, une caissière lui enseigne la patience. »

Avis: 
C’est un roman qui se lit très facilement et très vite. C’est un homme du nom de Paul qui est en M2 philosophie. Si en M1, il avait des bonnes notes et avait un avenir tout tracé, la M2 s’avère compliqué. Il ne pense qu’à être artiste et ne pense plus à son master. Il a une copine. Carine a terminé ses études et a une bonne situation. Elle subvient aux besoins des deux. Ils habitent dans un studio sur Paris. Ils voudraient trouver plus grand, mais sont assez exigeants. Ils s’installent donc à Saint-Denis où la vie est complètement différente de Paris. Il y a un autre mode de vie, une autre population. Il va donc devoir s’adapter au nouveau climat.

J’ai été attirée par le roman, car je vais à l’université de Paris 8 qui se trouve à Saint Denis. J’ai donc connu la ville grâce à elle. En lisant le livre, j’ai reconnu quelque endroit et j’ai donc pu entrevoir la vie de l’auteur comme si le film passait au travers de ma télé. Ça m’a fait bizarre, mais en même temps, j’ai pris du plaisir. Je lisais des extraits de roman à mon copain et je pouvais dire que je connaissais tel endroit ou encore m’identifier à certains passages.

Paul Besson écrit simplement son histoire sans mettre de couleurs. Il montre son quotidien. Je l’ai aimé pour plusieurs raisons. C’est un artiste qui veut vivre de sa passion et comme tout bon artiste, il s’y met à fond. Il va jusqu’à oublier ses études, son couple, sa vie. J’aime énormément les artistes, car moi-même, je veux vivre de ma passion donc j’admire ça. C’est quelqu’un qui vit dans l’émotion chaque jour. Quand une impulsion lui prend, il faut qu’il s’en occupe maintenant avant que l’impulsion s’en aille. Il a un côté rêveur que j’ai aussi donc je n’ai pas eu de mal à rentrer dans sa peau. Mais ce qui m’a déplu en lui, c’est qu’il prend des drogues pour rentrer dans un état second. J’ai toujours eu les drogues en horreur et je sais que ce n’est pas un bon moyen pour s’échapper du quotidien qu’il subit. Il a ce côté « je ramène les choses au lendemain », ce côté « flemmard ». Mais malgré tout, ça ne m’empêche pas de m’identifier à lui, car je suis un peu comme ça même si je le suis moins maintenant.

J’ai aimé la plume de l’auteur, mais ce que j’ai trouvé dommage, c’est que le roman était trop simple. Il ne perd pas le lecteur dans son histoire personnelle. Il montre de but en blanc sa vie sans filtre. Il montre ses émotions, ses problèmes, là n’est pas le souci. Mais je trouve qu’il manquait quelque chose. Peut-être un peu plus de pages pour qu’on puisse rentrer davantage dans sa tête ou peut-être un changement dans l’écriture (qu’il ne soit pas aussi simple à lire). Je ne sais pas.

Même si ce n’est pas un coup de coeur, ça reste un livre agréable à lire. Je le conseille comme lecture si vous voulez vous vider la tête. Je remercie Netgalley France de m’avoir envoyé ce livre. Sans quoi je ne l’aurais jamais lu.