L’affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

Titre du roman: L’affaire de l’esclave Furcy 
Auteur: Mohammed Aïssaoui 
Date de sortie: 8 février 2011 
Editeur: Folio 
Total de pages: 240 
Genre: Historique, Essai, Témoignage. 
Prix: 6,90

Résumé: 
« Le 16 mars 2005, les archives concernant « L’affaire de l’esclave Furcy » étaient mises aux enchères, à l’hôtel Drouot. Elles relataient le plus long procès jamais intenté par un esclave à son maître, trente ans avant l’abolition de 1848. Cette centaine de documents – des lettres manuscrites, des comptes rendus d’audience, des plaidoiries – illustrait une période cruciale de l’Histoire. 
Les archives révélaient un récit extraordinaire : celui de Furcy, un esclave âgé de trente et un ans, qui, un jour d’octobre 1817, dans l’île de la Réunion que l’on appelle alors île Bourbon, décida de se rendre au tribunal d’instance de Saint-Denis pour exiger sa liberté.Après de multiples rebondissements, ce procès, qui a duré vingt-sept ans, a trouvé son dénouement le samedi 23 décembre 1843, à Paris. Malgré un dossier volumineux, et des années de procédures, on ne sait presque rien de Furcy, il n’a laissé aucune trace, ou si peu. J’ai éprouvé le désir – le désir fort, impérieux – de le retrouver et de le comprendre. De l’imaginer aussi. » 

  

Avis: 
J’ai dû acheter le livre dans le cadre d’un de mes cours de littérature francophone l’année dernière, mais je ne l’ai pas lu faute de motivation. Je l’ai laissé dans ma pile à lire pendant des mois. Au moment de vider cette pile, je me suis donnée le défi de le lire jusqu’au bout. Et vous savez quoi ? Je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt. Pour résumer, c’est un esclave du nom de Furcy qui demande à être libre, car la loi dit qu’une mère affranchie donc libre accorde à ses enfants de moins de sept ans une liberté pour ne pas être séparé de la mère. Le problème est que durant sa vie d’esclave, sa mère n’a su que très tard qu’elle était libre. Son fils, Furcy, a donc exigé ce qu’il lui revenait de droit. Ce n’est pas au goût de son maître, qui ne veut pas le rendre libre, car il est précieux. Un long procès qui mettra en valeur une société qui refuse le changement et des maîtres (noirs ou blancs) impitoyables.
 
Dans ce roman, on suit la trace de Furcy, de sa mère Madeleine ainsi que des membres qui ont tenté de l’aider et ceux qui ont tenté de l’enfoncer par peur du changement. On assiste aux nombreux procès, où l’on voit un Furcy neutre, qui ne veut pas montrer ces émotions. J’ai été touchée par l’histoire de Furcy, car tout comme sa mère, il a été esclave alors qu’il ne le devait pas. Madeleine est une Indienne née au bord du Gange. Vendu à une religieuse, les deux femmes passent trois ans à Lorient. Sur la route du retour, elles font une escale sur l’île Bourbon où la religieuse, fatigué de son voyage, la confie à Madame Routier avec la promesse de l’affranchir, car elle doit retourner dans son pays. La promesse n’est pas tenue, car qui veut se séparer d’une « esclave gratuite » !  

J’ai éprouvé diverses émotions dans ce livre : l’injustice de voir que beaucoup d’hommes enlèvent la liberté aux esclaves afin de les utiliser comme bon leur semblait. J’ai été en colère de voir que certains maîtres osaient dire que les esclaves étaient trop chers à s’en occuper. Leurs conditions de vie étaient horribles. J’ai été choquée que cet esclavage n’était pas seulement entre blancs et noirs, mais aussi entre noirs et noirs. Les esclaves affranchis qui voulaient des esclaves à leur tour : un cercle vicieux qui ne s’arrêtaient jamais… Mais j’ai aussi ressenti de la joie de voir tant d’hommes défendre le cas de Furcy, de la tristesse de voir qu’il ne gagnait jamais ces procès et aussi de l’espoir de me dire qu’à la fin, il sortirait en homme libre. 

Ce livre m’a fait tant ressentir des sensations que je n’ai pas pu le lâcher. Alors que je ne pensais que ce n’était qu’un énième livre que je ne lirai jamais, j’ai été agréablement surprise… En faisant des recherches, j’ai appris que Mohammed Aïssaoui n’était pas historien, mais écrivain. Il a fait un beau travail afin de raconter l’histoire d’un esclave peu connu. Il n’a pas pu rester neutre, car il s’est attaché à Furcy. Il le dit lui-même que l’Histoire a gardé seulement les témoignages des maîtres, mais très peu de témoignages d’esclave. Ils n’avaient pas le droit d’écrire, ni même d’apprendre à lire. On m’a toujours dit qu’écrire était une arme. Ainsi les maîtres pouvaient garder les esclaves dans le silence et l’ignorance. C’est un gros coup de coeur et je le conseille fortement !! 

 

 

Petit pays de Gaël Faye

Titre du roman: Petit pays
Auteur: Gaël Faye
Date de sortie: 28 août 2017
Editeur: Le livre de poche 
Total de pages: 224
Genre: Autobiographie, témoignage

Prix: 7,90  

Résumé:
«En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.
Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…»

Avis:
J’ai découvert ce livre grâce à une bande-annonce au cinéma. Ce roman a été adapté en film et sa sortie était prévue le 18 mars 2020. Le confinement dû au Coronavirus a fait reporter la date de sortie au 26 août prochain. Dans la salle de cinéma, en regardant la fameuse bande-annonce de ce film, j’ai acheté le livre et je me suis promis de le lire avant la sortie du film. J’ai donc tenu cette promesse. Pour résumer, l’histoire se passe en 1992. Gaby, de son vrai nom Gabriel, a dix. Il vit avec ses parents et Ana, sa petite soeur, au Burundi. On assiste à son quotidien. Il est jeune, insouciant innocent, fais des bêtises… Il vit sa vie… Tout s’enchaîne lors des premières élections… Ils vont doit élire un nouveau président qui se fera tué quelque temps plus tard. La guerre entre les Tutsi et les Hutu va s’accentuer.

J’ai beaucoup appris au niveau histoire. En achetant ce livre, je n’avais aucune idée que Burundi était un pays et ce qui s’était passé… En me mettant dans la tête de Gaby, j’ai vécu le début de sa vie. J’étais contente lors des premières élections, triste lorsque le président s’est fait tuer, en colère quand la guerre entre les Tutsi et les Hutu touchait tout le monde. Tout le monde voulait combattre, y compris les enfants. J’ai vu les enfants grandir d’un seul coup alors qu’ils n’avaient même pas atteint le collège. Ça m’a révolté. Je me suis ensuite renseignée sur internet pour en apprend plus. Le génocide des Tutsi au Rwanda, qui est accolé au Burundi, a fait des milliers, voire des millions de morts en seulement trois mois. Ma colère n’était que plus grande.

Je me suis beaucoup attachée à Gaby. Je l’ai vu jouer, rire, être avec ses amis. Je l’ai regardé voler des mangues pour les manger à se remplir l’estomac. J’ai remarqué son changement quand la guerre a éclaté. Il préférait lire et s’évader plutôt que de prendre les armes avec ses amis. J’ai voulu le protéger de tout ce qu’il vivait afin qu’il garde son âme d’enfant…

La fin m’a beaucoup attristé. Elle m’a laissé sans voix. Mais j’ai compris que c’était nécessaire. 

Mon avis? J’ai adoré le livre et j’ai hâte de voir son adaptation en film. Je connaissais Gaël Faye de nom et par sa musique. Je l’ai découverte en tant qu’auteur et sa plume est magnifique. Il a su raconter son histoire en ne perdant pas le lecteur. Son autobiographie m’a laissé sans voix.

Elle était belle ma mère… de Valérie Timsit

Titre du roman: Elle était belle ma mère…
Auteur: Valérie Timsit
Date de sortie: 11 novembre 2017
Editeur: Auto édition 
Total de pages: 243
Genre: Souvenirs d’enfance, témoignage, fiction
Prix: 19,90

Résumé:
« C’est un sujet délicat et triste, mais il vous renvoie si loin dans l’émotion que l’on y trouve un cocktail d’amour assez surprenant pour nous permettre également de rire et de toujours faire référence à quelque chose de notre vie. C’est un bouillon de sentiments dans lequel on se noie ou bien l’on survie. C’est aussi un besoin de ne pas faire taire ses souvenirs et de permettre à notre mémoire de ne pas s’éteindre. »

Avis: 
Quand j’ai eu ce livre entre les mains, j’avais une idée assez précise du roman. Je pensais voir l’histoire d’un homme ou d’une femme qui perd sa mère et qui vit sans elle. Je pensais voir les souvenirs d’avant sa mère, puis la période du deuil. J’avoue été surprise quand j’ai commencé le roman. Ce n’était pas du tout ce que j’imaginais et j’ai eu du mal à commencer le roman. Pour résumer, on se retrouve dans la tête du personnage. On ne sait rien: ni son nom, ni son âge… J’ai seulement su son sexe avec l’accord toujours au masculin donc j’en ai déduit que c’était un homme. Cet homme ou ce petit garçon a eu une relation fusionnelle avec sa mère. Fils unique et sans père, il grandit dans une maison avec sa mère. On le voit grandir et s’éloigner de sa mère quand il devient adulte. Tout le roman est vu à travers ses yeux et par période, à travers son imagination.

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le personnage, car on ne sait rien et ça m’a perturbé. Je pense qu’elle voulait qu’on s’identifie à lui assez facilement en restant dans le flou. J’ai quand même, avec un peu d’effort, à voir à travers ses yeux et j’avoue avoir aimé être dans sa tête. J’ai aimé le côté enfantin du personnage qui prend chaque situation et arrive à le transformer en quelque chose de magique. J’ai adoré le lien entre les deux personnages: une mère seule, mais qui fait tout son possible pour que son fils soit heureux et un fils rêveur qui idéalise sa mère. J’ai envié ce lien, mais si le lien entre ma mère et moi est quand même proche. 

A ce livre, je n’ai pas trouvé de fin en elle-même. Je pensais terminer sur le décès de sa mère et en savoir un peu plus, mais non. Peut-être qu’il a été mentionné, mais je n’ai pas de trace dans la tête. J’aurais aimé savoir de quoi elle est morte. Ça ne gâche en aucun cas la beauté du livre. Je n’ai pas été déçu, loin de là.

Dans l’ensemble, même si j’ai eu du mal au début, j’ai aimé le livre. J’ai aimé voir l’évolution de l’enfant en adulte, le fait qu’il idéalise sa mère, la magie qu’il dévoile à chaque moment du livre. J’ai adoré voir que son imagination prenait de la place et que sa mère le soutenait. J’ai trouvé extrêmement beau le lien entre les deux personnages, qui sont seuls contre tout le monde et le fait que l’on voit ses coups de colère qui sont calmés par un geste ou un cadeau de la mère. Le livre raconte une belle histoire et comme le dit c’est bien le titre, elle était belle sa mère…